Épisode 3 - accélération commerciale et entrepreneuriale : le contre-intuitif Béaba entrepreneurial et artistique.
- Thibault Dollié
- 22 déc. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 mars
CONTEXTE.
En affaire d'art et d'entrepreneuriat échouer est la norme.
J'inclus les artistes à cet article car ils ont pour point commun avec les entrepreneurs de créer ce qui n'existe pas, de créer le futur.
OBJECTIF INITIAL.
Voir les récifs, les écueils à éviter pour :
arrêter votre projet au plus tôt s'il ne mène à rien,
savoir quand il ne mène rien,
augmenter vos chances de succès.
OBJECTIF SECONDAIRE.
Comprendre si l'entrepreneuriat et l'art sont réellement faits pour vous.
DÉROULÉ ET RESSOURCES SUPPLÉMENTAIRES.
1/ Le premier travail est d'imaginer le futur. Une fois que vous aurez accompli votre mission, que se passera-t-il ? Quelle est votre mission ? Mettez-le par écrit, et faites lire ça à 10 de vos proches.
2/ Préparez-vous à développer une relation intime à la souffrance. En effet, dès que vous allez commencer à faire - tout du moins à tenter de faire - la souffrance apparaîtra. C'est la différence entre la réalité du terrain et la vision dans votre tête qui va vous faire souffrir. Le plus tôt, vous acceptez cette souffrance comme inévitable et faisant partie du chemin, au plus vite votre projet va grandir et gagner en maturité.
3/ Comprendre la maturité d'une création.
Le premier stade de la réussite, c'est lorsqu’un ou plusieurs clients recommandent une seconde fois. La première fois, ne comptent pas, c'est un essai. La condition pour franchir avec succès cette première étape est que la vente associée génère une marge (en considérant les coûts de productions de cette unité, et non vos coûts globaux). Il est délicat pour un artiste de chiffre son temps, je vous invite à le faire tout de même. Les plus durs à obtenir sont les 10 premiers clients satisfaits et rentables.
La seconde étape, est lorsqu’une vente s'opère sans la présence physique des créateurs. Et c'est presque là, l'arrivée, l'œuvre se suffit à elle-même.
4/ Lever des fonds, avoir un mécène, est-ce une bonne ou une mauvaise idée ? Ni l'un, ni l'autre, mais prendre de l'argent ailleurs pour vous financer est une dangereuse affaire car elle peut vous donner l'illusion que vous avez créé de la valeur, or, ce n'est souvent pas le cas. Cela reste un bon signe. Lever des fonds pour démultiplier l'impact de ce qui a déjà prouvé sa valeur est sain, lever des fonds pour créer est dangereux. Lever des fonds prend du temps et de l'énergie que vous ne mettez pas ailleurs et limite votre liberté.
5/ Seul ou à plusieurs ? Dès que vous sentez de la résistance, que vous devez convaincre votre associé.e : fuyez. Une association, c'est très émotionnel et rarement rationnel, cette personne doit vous porter énergétiquement, vous tirez vers le haut. Tout le reste n'est malheureusement et que trop souvent des rationalisations a posteriori. À la seconde où vous devez forcer l'union, c'est mal barré.
6/ Persévérer ou s'entêter ? C'est mieux d'abandonner que de s'entêter. S'entêter, c'est lorsque vous refaites deux fois de suite un procédé qui ne marche pas. Persévérer, c'est itérer, essayer différemment. Persévérer 10 années est une bonne chose. Une astuce efficace est de s'autoriser une date de doute. Exemple : "si dans 4 ans, j'ai encore des doutes sur le projet, j'arrête". Mettez une date de doute à relativement éloignée, ça vous évitera d'abandonner sur un coup de tête. Être découragé, c'est normal. Abandonner, c'est bien dommage.
7/ Comment démarrer ? Décrivez le plus précisément possible le problème (social, business,...) que vous souhaitez résoudre. Ensuite discuter directement avec les personnes qui d'après vous ont ces problèmes. Demander leur avis. Recommencez. Gardez tout cela très informel pour économiser votre temps et vos énergies. Les discussions informelles sont vos alliés car c'est dans l'échange spontané que les informations vraies se dévoilent. Les sondages sont vos pires ennemies.
8/ Qu'est-ce qui est le plus précieux : l'argent ou l'énergie ? L'énergie. Un nouveau projet s'arrête généralement quand les forces vives lâchent l'affaire et rarement car le compte bancaire est à zéro. Le compte bancaire à zéro est souvent un masque qui cache les vraies raisons de l'abandon : dépression, échec opérationnel, absence de vision nouvelle, etc.
9/ C'est un marathon, pas un sprint. Celui qui travaille son projet, tous les ans pendant plusieurs années, pas celui qui suit les modes et change de projet tous les six mois, est sur la bonne voie.
10/ Qu'est-ce qui vous motive ? Une certaine passion viscérale pour le sujet est un plus. L'essentiel est de ne pas avoir trop le choix. Vous êtes soit inemployable et/ou atteint d'une affliction grave : l'ambition démesurée, associé généralement à un goût de la liberté assez fort.
11 / Quand s'arrêter ? Lorsque le plaisir quotidien décroît d'année en année au lieu d'augmenter. C'est le chemin qui doit devenir votre finalité.
12 / Et concrètement ? Vous avez deux missions : construire et vendre, tout le reste n'est que palabres.
13 / Futur ou présent ? Le bon entrepreneur - si rare - est excellent pour se projeter intellectuellement à 5 ans et être convaincant lorsqu'il en parle aujourd'hui tout en étant à la fois sublime pour régler les problèmes opérationnels les plus pressants et terre à terre.
Et pour conclusion : seul le temps long compte.
Version 2 écrite le mardi 17 mars 2026 à 7:48.



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